Les travaux jugés dangereux ont été mis au jour par nos confrères de la Marseillaise. Les habitants rasent le mur opposé au chantier de la rue du docteur Combalat dans le 6e arrondissement de Marseille, non loin du palais de Justice. Tous lèvent la tête vers cette extension d’un petit immeuble. “Je lui confierais pas ma maison, c’est bizarre son truc ! “ “Mais qui a fait ça ?” “Vous avez vu la fissure ?” “On s’est tous dit qu’au premier coup de mistral, le mur allait tomber”. Entre peur et indignation. Après un mois et demi de travaux, le rehaussement de deux étages vient d’être bloqué suite à la dénonciation d’un riverain. 

“On s’est tous dit qu’au premier coup de mistral, le mur allait tomber.” – Des riverains du chantier

Déconstruire… pour reconstruire 

La ville de Marseille a fini par mandater un expert judiciaire qui s’est rendu sur place vendredi dernier (25 mars) obligeant le propriétaire à déconstruire deux murs de six mètres de haut qui effrayaient tout le quartier… et à tout reconstruire dans les normes. En attendant la rue est fermée par des blocs de béton à la circulation suite à un arrêté de la Ville. Un périmètre de sécurité est mis en place jusqu’à nouvel ordre.

La rue du docteur Combalat fermée pour raison de sécurité
La rue du docteur Combalat fermée pour raison de sécurité © Radio FranceChristophe Van Veen

“Bienvenue à Marseille !”

Marion boit son café dehors. Abattue. Elle a dû fermer son agence immobilière “Barral Immobilier” pour des raisons de sécurité depuis mardi. Son local est juste à côté du chantier  : “Je n’ai plus d’activité pour quelque chose qui est fait n’importe comment. Bienvenue à Marseille ! Il ne manque plus qu’on reproduise la Rue d’Aubagne, comme ça ils seront contents !” Elle attend de pouvoir rouvrir sans être rassurée par la réunion de sécurité vendredi dernier. “On va espérer qu’on ne va pas se prendre un bout de mur sur la tronche. On joue à la loterie. C’est aberrant”.

Marion
Marion © Radio FranceChristophe Van Veen

Enfin des échaffaudages !

Sans être un pro du BTP, on ne peut qu’être stupéfait par le spectacle. Un échaffaudage est en train de se monter. Enfin ! Jusqu’au passage de l’expert judiciaire, les rares ouvriers interchangeables ont bossé sans protection avec des échelles, montant les moellons avec des poulies. On ne voit pas dépasser de tiges métalliques dans un éventuel béton armé. Les blocs sont empilés basiquement. Une longue fissure vertiale n’incite pas à l’optimisme.  

Le chantier en fin de semaine dernière
Le chantier en fin de semaine dernière © Radio FranceChristophe Van Veen
Le rez-de-chaussée du chantier
Le rez-de-chaussée du chantier © Radio FranceChristophe Van Veen

Patrick presse le pas quand il traverse le périmètre de sécurité : “Dès le départ, on s’est posés des questions. Après la rue d’Aubagne, les contrôles sont plus stricts. Un tel chantier n’aurait pas dû exister”. Grosse colère pour Rodolphe le garagiste historique de la ruelle : “Ce chantier, c’est le gros bordel. On ne peut plus circuler depuis une semaine. Bien sûr qu’on a eu peur ! Rien ne dit que les prochains travaux seront bien fait”. Steeve le libraire raconte comment le quartier a pris peur au fur et à mesure qu’il voyait monter les murs. “Ce qui est grave, c’est que si quelqu’un n’avait pas alerté la Ville, le chantier serait allé au bout. À mon avis, dans deux ou trois ans, ça serait tombé”.    

  • Pour autoriser la reprise du chantier ce début de semaine, le service de la “Gestion des risques” de la ville de Marseille se borne à nous indiquer qu’il attendait les conclusions de l’expert judiciaire. Pas d’autres commentaires. Il faut être sûr que le maître d’ouvrage a bien déconstruit les murs branlants pour lever le périmètre de sécurité et autoriser la poursuite du chantier.
  • Le propriétaire et maître d’ouvrage n’a pas répondu à France Bleu Provence, malgré plusieurs sollicitations. 

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