La plupart des arrondissement voient encore le prix au m2 flamber sauf le 6e arrondissement qui affiche une nette baisse.
Dans la métropole de Lyon, de nombreuses communes sont loin des 25% de logements sociaux. (©Nicolas Zaugra/ Actu Lyon)

« La situation n’est pas bonne du tout. » Le constat dressé par Renaud Payre, vice-président délégué à l’habitat au Grand Lyon, est alarmant. Il manque cruellement de logements sociaux dans la métropole.

« On ne construit pas assez de logements sociaux. L’année 2021 est au même niveau que l’année 2020, donc elle n’est pas bonne. On est assez éloigné de nos objectifs logements sociaux : il y en a 3 100 engagés, alors qu’on a un objectif de 5 000. On en voudrait au moins 1 000 de plus. »

Lyon n’est pas dans les clous

Renaud Payre le concède, le nouvel exécutif écologiste, qui est à la tête de la Métropole depuis maintenant deux ans, n’avait pas mesuré l’ampleur de la situation… L’article 55 de la loi SRU exigeant que les communes de plus de 3 500 habitants, hors agglomération parisienne, dispose de 25% de logement social d’ici 2025.

Il faut savoir qu’entre 2010 et 2020, « toutes municipalités confondues, les communes du Rhône ont dû verser 28,2 millions d’euros de pénalités pour ne pas avoir respecté leurs obligations légales sur le logement social ». C’est ce qu’indiquait Médiacités dans une enquête publiée en juin 2021. 

Lyon, par exemple, est encore en dessous des 25% demandés, avec 21,55 % de logements sociaux en 2019

L’attitude jugée « irresponsable » du maire de Caluire

D’ailleurs, le vice-président de la Métropole de Lyon pointe du doigt le comportement de certains maires aux positions « dogmatiques ». Il évoque l’attitude « irresponsable » du maire LR de Caluire-et-Cuire, Philippe Cochet, « qui se réjouit de ne plus délivrer de permis de construire ». 

On a un désaccord profond avec le maire de Caluire-et-Cuire. On a des dossiers à clarifier. Caluire et Tassin-la-Demi-Lune posent problème par rapport aux habitants de la métropole et aux acteurs de l’immobilier, ce n’est pas responsable. Ce sont des communes de l’ouest de Lyon où il y a une demande énorme. Il y a une arrivée de métro à Cuire, des bus express qui passent par Caluire, et tout ça, en première couronne.

Renaud PayreVice-président délégué à l’habitat au Grand Lyon

Parallèlement, l’élu du Grand Lyon indique avoir avancé avec Mions, qui n’est pas de la même couleur politique, avec Oullins et des discussions sont entamés avec Rochetaillé et Sathonay-Camp pour construire du logement social. 

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À noter que Mions et Tassin-la-Demi-Lune les deux communes qui ont été le plus lourdement sanctionnées ces dix dernières pour ne pas respecter le taux de logements sociaux sur leur territoire.

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« À Lyon et Villeurbanne, il y a encore des perspectives »

Renaud Payre sait que la Métropole est très attendue sur cette épineuse question. Elle sera en partie jugée sur ce dossier au moment de faire le bilan de la mandature écologiste. L’élu envisage donc toutes les possibilités pour faire naître du logement social au sein du Grand Lyon. 

« On va se battre sur tout. On va densifier là où c’est possible. À Lyon et Villeurbanne, il y a encore des perspectives. On continue à acheter et préempter. On a des actions très volontaristes. On arrive à produire du logement social dans le 1er arrondissement. Il y a deux opérations qui vont voir le jour avec Grand Lyon Habitat. » 

« On va défendre de la surélévation sur le logement social »

Le deuxième levier que souhaite activer la collectivité est la surélévation des immeubles. « Il y a trois projets en cours de réflexion sur la métropole. On va défendre de la surélévation sur le logement social, bien sûr en respectant le paysage et les Bâtiments de France. J’attends que les bailleurs fassent remonter leur projet. Nous communiquerons là-dessus fin juin. »

Construire, racheter, surélever et… mobiliser les propriétaires. La Métropole veut capter l’attention du parc immobilier existant qui est vacant. Voici la méthode employée par les équipes du Grand Lyon :

« On va venir vous voir, vous dire que vous pouvez louer sur 15-20 ans pour un logement solidaire. Vous pouvez bénéficier d’aides à l’amélioration du logement à condition de le mettre en logement abordable. » Tout ceci en assurant le propriétaire d’entrer dans ses frais.

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La crainte de voir le prix du foncier grimper

Les objectifs de 5 000 logements sociaux par an seront-ils atteints d’ici la fin du mandat écologiste, en 2026 ? « Si la conjoncture repart, oui ! Aujourd’hui, je maintiens mon objectif. C’est ma priorité au quotidien. »

Et Renaud Payre de conclure en glissant un tacle à l’ancienne mandature : « Nos prédécesseurs ont laissé flamber le foncier et il n’y a pas eu d’alerte. Ma crainte, c’est que lorsque la conjoncture repartira, le prix du foncier remontera à Lyon. Si on dépasse 7 000 euros du m2 de partout, je crains qu’il n’y ait plus d’acheteurs. »

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