Jaune, blanche, verte… Et bientôt marron. A partir du 1er janvier 2024, plus question de jeter les épluchures avec le reste des déchets non recyclables : le tri des déchets alimentaires va devenir obligatoire pour tous les ménages. Alors le Syctom anticipe. L’agence métropolitaine chargée de la collecte des déchets ménagers à Paris et en petite couronne va ouvrir à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, un site de biométhanisation pour traiter et recycler ce nouveau flux de déchets.

Aujourd’hui, les déchets alimentaires sont collectés avec le reste des déchets ménagers non recyclables, comme certains plastiques. Puis ils sont soit enfouis, soit brûlés. Pourtant, ces déchets peuvent être transformés et réutilisés. Sur le site de Gennevilliers, le Syctom, en partenariat avec le Sigeif (Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Île-de-France), va traiter ces déchets alimentaires pour en faire du biogaz (méthane).

50.000 tonnes de déchets alimentaires par an

Les résidus de ce processus de méthanisation (digestat) seront également réutilisés pour faire du fertilisant agricole. Un partenariat a déjà été signé avec la coopérative Nat Up. « Le site sera installé au port de Gennevilliers. Le fleuve va nous permettre de faire partir le digestat dans des barges, qui fonctionneront avec du biogaz que nous avons produit », explique Eric Cesari, président du Syctom. « Nous serons ainsi dans un circuit fermé et vertueux ».

Le centre de biométhanisation de Gennevilliers sera capable d’absorber les 50.000 tonnes de déchets alimentaires produits chaque année par les ménages sur le territoire géré par Syctom, ce qui correspond à la création de 30.000 MWh de biogaz et 43.000 tonnes d’engrais par an.

Changer les usages

Mais pour Eric Cesari, le site ne traitera pas 50.000 tonnes de déchets dès son ouverture. « La première étape, c’est que les communes installent les moyens d’une collecte séparée des déchets alimentaires. Ensuite, il faut que les citoyens s’habituent à ce geste-là », prévient-il. Selon le président du Syctom, cela peut prendre plusieurs années.

En mars dernier, les deux syndicats ont attribué à Paprec, leader français du recyclage, la concession du site de Gennevilliers. Le groupe sera chargé de sa construction, de sa gestion et de son exploitation pour une durée de 19 ans. Les travaux, estimés à un peu plus de 53 millions d’euros, seront aussi financés par Paprec. Ceux-ci devraient être lancés en janvier 2024, pour une mise en service du site début 2025. Le temps pour les ménages de se faire à l’idée d’une quatrième poubelle de tri.

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