Le président Emmanuel Macron prend la défense des fonds marins lors de la conférence des Nations unies sur l’océan, à Lisbonne, au Portugal, le 30 juin 2022. Le président Emmanuel Macron prend la défense des fonds marins lors de la conférence des Nations unies sur l’océan, à Lisbonne, au Portugal, le 30 juin 2022.

Le sujet n’était pas inscrit au menu des discussions officielles de la conférence des Nations unies sur l’océan, qui se tient à Lisbonne jusqu’au 1er juillet. Pourtant, la question de l’exploration et de l’exploitation des grands fonds marins a largement occupé l’actualité de ces rencontres internationales jusqu’à la déclaration, courte mais retentissante, d’Emmanuel Macron, jeudi 30 juin : « Je pense que nous devons élaborer un cadre légal pour mettre un coup d’arrêt à l’exploitation minière des fonds en haute mer et ne pas autoriser de nouvelles activités qui mettraient en danger les écosystèmes [océaniques]. » Le président de la République a provoqué l’agréable surprise des ONG de défense de l’environnement, tant il semblait tenté jusqu’à présent par la quête d’encroûtements cobaltifères, sulfures et nodules polymétalliques dans les abysses.

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L’entrevue qu’il a eue avec l’océanographe très respectée Sylvia Earle a pu jouer dans cette position prise non pas en assemblée plénière, mais à l’Oceanarium de Lisbonne, devant un bassin où passaient des requins et face à un auditoire d’une quarantaine d’acteurs du monde maritime. A l’ouverture des rencontres de l’ONU, cette pionnière, ancienne directrice scientifique à l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), soulignait que l’industrie minière s’accompagne d’impacts environnementaux partout. Et s’interrogeait : « Sur la terre ferme, nous pouvons au moins surveiller, voir et résoudre les problèmes, et minimiser les dégâts. Six mille mètres sous la surface, qui regarde ? »

Comme la France a le deuxième plus vaste domaine maritime au monde et que son président se présente en champion de la défense du monde marin – il a d’ailleurs proposé de recevoir la prochaine conférence de l’ONU sur l’océan en 2025, organisée conjointement avec le Costa Rica –, Paris était attendu au tournant. La pression y est encore montée d’un cran ces derniers jours pour obtenir un moratoire protégeant les profondeurs océaniques des convoitises industrielles. Les ONG environnementales – très mobilisées – ainsi que de nombreux scientifiques – plus de 600 d’entre eux ont lancé un appel contre ce potentiel stress supplémentaire pour le fond des mers – sont déterminés à défendre les écosystèmes profonds, qui restent mal connus. Ils font valoir de surcroît que c’est précisément dans son plancher que l’océan remplit une fonction essentielle : stocker le CO₂. Est-ce alors opportun d’y envoyer des robots collecteurs soulever des panaches de sédiments ?

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