Le gouvernement ne touchera pas aux taux d’usure

La Banque de France vient de publier les taux d’usure en vigueur jusqu’au 30 septembre 2022, taux au-delà desquels une banque n’a pas le droit de prêter de l’argent. Ils sont fixés à la fin de chaque trimestre pour le trimestre suivant. Leur calcul prend en effet en compte les taux effectifs moyens pratiqués au cours du trimestre précédent par les banques en fonction de la durée des prêts (moins de 10 ans, 20 ans et plus…). Puis ils sont ensuite majorés d’un tiers.

Ainsi, depuis le 1er juillet, pour les crédits immobiliers dont la durée est égale ou supérieure à 20 ans, le taux d’usure est de 2,57 %, contre 2,4 % ces trois derniers mois. « Cette augmentation de 0,17 point ne permet pas d’opérer le rattrapage de la hausse des taux depuis le début de l’année. En effet, les taux moyens proposés par les banques ont augmenté de 0,65 point depuis le 1er janvier 2022 », explique Cécile Roquelaure, directrice des études du courtier en prêt immobilier Empruntis.

Les taux d’usure restent décorrélés de la réalité du marché. « Si on regarde dans le rétroviseur, entre mai et juillet 2018, nous avions le même taux moyen sur 20 ans (à 1,65 %), mais on avait un taux d’usure compris entre 2,95 % et 3,03 % », ajoute-t-elle. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Alors qu’il avait annoncé étudier des solutions, le gouvernement ne souhaite finalement pas revoir le mode de calcul des taux d’usure, afin d’éviter un emballement du marché immobilier. « En septembre, les autorités constateront dans les chiffres l’impact de ce principe protecteur qui devient une contrainte déraisonnable au vu du niveau des taux actuels qui restent très bons », prévient Cécile Roquelaure.

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